Capharnaüm

 

Le premier numéro de Capharnaüm se remarque d’un seul coup d’oeil grâce à la très belle photographie reproduite sur sa première page de couverture: la tête de l’écrivain Raymond Guérin, petite, isolée, dans l’immensité de l’océan atlantique. C’est à peine si l’on distingue une mince bande de terre à l’horizon pour séparer l’eau du ciel sur lequel est surimprimée cette phrase: « Je ne peux plus vivre pleinement heureux si je suis privé de soleil ».

Le ton du numéro est donné. Un travail graphique bien fait imprimé sur papier de qualité et un contenu solaire.

 Majoritairement consacrée aux récits de voyage, cette première livraison est illuminée par un très beau texte du méconnu Raymond Guérin (1905-1955) dont il faut signaler par ailleurs le Retour de Barbarie et le Du côté de chez Malaparte, tous deux réédités par Finitude. Ces notes de voyages inédites (datées de l’été 1937) forment un précis de lumière et de chaleur, une déclaration d’amour au soleil, au naturisme, aux éléments. Un hédonisme minimal.

 Que le soleil paraisse au moins et ma journée est sauvée. Car si courte que soit cette apparition, j’en jouis tout de suite et totalement. Et si, comme ce matin, j’éprouve une angoisse, du moins suis-je sans hargne. Je ne blasphème plus contre le soleil. (p.16)

 Le parti pris de Capharnaüm et des éditions Finitude (animés par Emmanuelle et Thierry Boizet) est à double tranchant. Publier des fonds de tiroir d’écrivains, autrement dit précisément ce qui est pointé du doigt dans l’à-propos de ce blog, c’est risqué. Cela dit, vu comme ça, le fait d’assumer une telle ligne éditoriale a presque de quoi rassurer. Au moins c’est dit, contrairement à ce qui se pratique trop souvent. Et puis cela peut avoir le mérite de faire connaître des auteurs confidentiels comme c’est le cas ici. Néanmoins je ne peux m’empêcher de trouver inégal ce premier numéro. Si l’on retire les contributions de Guérin et R. L. Stevenson (un beau texte intitulé Le charme des lieux sans charme, daté de 1874 et inédit en français), le reste paraît plus anecdotique.

 Mais après tout, c’est sans doute cela que vise cette revue: l’anecdotique, « tous ces petits fragments qui éclairent de l’intérieur la vie littéraire d’une époque » comme le formule si bien le court avertissement placé en première page. Capharnaüm est somme toute une contradiction de bon aloi: rien de désordonné, d’entassé, de chaotique. Juste une belle et simple invitation à la curiosité.

 

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 Capharnaüm

 Année de création: 2010

Numéros parus: 1

Périodicité: épisodique

Langue: français

Sujet(s): littérature

Prix au n°: 13€

Diffusion: librairies, commande possible par mail

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