Zanzibar Quarterly & Co, zizanie sensible

Le numéro un de Zanzibar Quarterly a été imprimé et relié à Venise. C’est un volume (25 x 19 cm) « hardcover » de 256 pages, imprimé en quadri sur différents papiers et emballé dans un poster de 55 x 75 cm comportant 100 poèmes de Ole W. Nielsen. Son tirage a été limité à 1 500 exemplaires et il ne sera pas réédité sous cette forme.

*

Comme son nom ne l’indique pas forcément, Zanzibar Quarterly & Co est une revue littéraire française. Elle a été fondée en 2010 par l’éditeur Laurent Blain (né en 1959).

Sa création a été particulièrement remarquée parce qu’elle se distingue par sa forme et son concept, en nette rupture avec les pratiques des autres revues littéraires françaises. Aucune revue ne s’était encore proclamée comme un collector compilant fictions, essais et illustrations dans un esprit de jubilation et de plaisante désorganisation.

Pour les connaisseurs, la comparaison de Zanzibar avec McSweeney’s s’impose d’emblée, même si le recul manque encore pour juger : qualité graphique, format conçu a priori comme étant « à géométrie variable » selon les numéros, et une ligne éditoriale donnant la part belle à la traduction de textes et nouvelles américains écrits par des auteurs frôlant ou plongeant dans les marges de la littérature (Pynchon, Ellroy, Burroughs et Bukowski sont cités comme références dans l’édito du premier numéro). La présence de Dave Eggers (fondateur de McSweeney’s) et David Foster Wallace [1] au générique du premier numéro n’est certainement pas non plus un hasard. Signalons d’ailleurs que ces deux auteurs apparaissent dans le même texte puisque le premier en est l’auteur et le second le sujet. Il s’agit du plus beau texte sur l’écrivain que j’ai pu lire suite au suicide de Wallace en septembre 2008.

La revue Zanzibar est adossée à la maison d’édition du même nom, créée en 2009 avec pour objectif de publier de la littérature américaine selon un mode plutôt original, comme le précisait Laurent Blain en début d’année dans une interview donnée à presseedition.fr: « Zanzibar n’a pas de politique de collection : chaque livre suscite son propre environnement graphique et typographique. Nous apprenons beaucoup des éditeurs étrangers – américains et italiens en particulier – plus audacieux que les Français. Nous sommes encore loin d’avoir abouti en la matière. »

Ceci a un inconvénient: à l’instar de McSweeney’s là encore, Zanzibar est une revue chère. Néanmoins Laurent Blain tempère en soutenant avec aplomb que sa revue vaut ses 30€ (ce en quoi il a raison même s’il faut reconnaître que le premier numéro est inégal) et en annonçant que cela ne sera pas toujours le cas puisque chaque numéro sera différent.

En définitive on ne peut que soutenir cette heureuse initiative et espérer que cette revue puisse disposer du temps nécessaire pour trouver ses marques.

 

[1] DFW pour les intimes a publié le texte suivant dans le premier numéro de McSweeney’s: Yet Another Example of the Porousness of Certain Borders (VIII). Il a été publié dans une version plus fournie et sous un autre titre (Philosophy and the Mirror of Nature) dans son recueil de nouvelles Oblivion (2004), dont la traduction en français reste encore à faire. Comme d’ailleurs de la majorité de l’oeuvre du regretté DFW. On en reparlera.

************************

Zanzibar Quarterly & Co

Année de création: 2010

Numéros parus: 2

Périodicité: trimestrielle

Langue: français

Sujet(s): fiction

Prix au n°: 30€

Diffusion: librairies

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s