Sampler n’est pas jouer : hiver

Suite et fin de la saga Nomad’s land. Lire auparavant : printemps, été, puis automne.

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Le projet Nomad’s land a donné lieu en 2000 aux éditions Kargo, lesquelles ont poursuivi à plus grande échelle le travail débuté trois ans plus tôt en publiant, souvent pour la première fois en français, les textes dont les bonnes feuilles ont paru auparavant dans la revue. Citons entre autres :

  • Stanley Booth. Dance With the Devil. 2000.
  • David Toop. Ocean of Sound. 2001.
  • Ulf Poschardt. DJ Culture. 2002.
  • Julian Cope. Krautrocksampler. 2005.
  • William T. Lhamon Jr. Peaux blanches, masques noirs. 2008.

Il est important de souligner que Kargo est l’une des rares maison d’édition françaises à avoir accepté un accord avec Google Livres. Par conséquent, l’intégralité de son catalogue, dont la revue Nomad’s land, est consultable dans cette base de données depuis 2006.

Alexandre Laumonier [1] s’était alors exprimé dans un article intitulé « Les petits éditeurs votent Google » paru dans Libération. Allant à l’encontre de la vox populi et de Jean-Noël Jeanneney son porte-parole, il argumentait en faveur de la visibilité qu’est en mesure d’apporter Google aux petits éditeurs versés dans le domaine difficile des sciences humaines. « Je n’ai aucun plaisir à défendre Google ; j’utilise juste tous les moyens disponibles pour rendre les livres visibles. », écrivait-il très justement en prenant soin de préciser : « Aucun cynisme dans tout cela – juste un principe de réalité. Que les anti-Google commencent par ne plus s’en servir lorsqu’ils recherchent quelque chose sur internet ! Comme le dit mon confrère des éditions de l’Éclat, on préférerait imprimer au plomb et ne pas perdre de temps à s’occuper de ces histoires de numérisation… mais les temps ont changé ».

Il déplorait l’inexistence d’un vrai débat et on était en 2006. Cinq ans plus tard, ce débat existe-t-il vraiment? Hélas non. Depuis le faux pas retentissant de la BnF, silence radio.

En dépit de cette visibilité et des critiques souvent élogieuses, les éditions Kargo se sont définitivement arrêtées en 2008. Alexandre Laumonier a dû se résoudre à mettre fin à l’aventure, faute d’être en mesure de poursuivre un travail aussi conséquent en étant quasiment seul. Aucun éditeur n’a alors souhaité lui apporter son soutien, ce qui témoigne d’une frilosité et d’une étroitesse d’esprit bien françaises.

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Voir la page Kargo sur le site des éditions de l’éclat. Présentation des ouvrages publiés et renvoi sur Google Livres.

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[1] AL est aujourd’hui directeur de collection aux éditions des Presses du réel. Son nouveau projet éditorial intitulé Zones sensibles vient de voir le jour.

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